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© 2018 Jean-Claude Henriot, réalisé par Marine Dassac

À

PROPOS

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Après deux enregistrements remarqués consacrés à Beethoven, c'est tout naturellement que Jean-Claude Henriot se tourne à présent vers Schumann qu'il considère, davantage que Liszt, Chopin ou même Brahms, comme le premier  explorateur des territoires révélés  par Beethoven -  avec peut-être Berlioz, concède-t-il avant de déplorer que ce dernier n'ait pas écrit pour piano. Ce prolongement de l'œuvre de Beethoven par Schumann est particulièrement sensible dans les œuvres choisies par l'interprète, car après le Beethoven tardif des deux premiers disques (un opus consacré aux Variations Diabelli en 2011, un autre paru en 2015 comportant notamment les Bagatelles opus 119 et 126), c'est à deux Schumann différents qu'il s'intéresse ici : d'un côté celui des Kreisleriana, relativement jeune et de peu postérieur au dernier Beethoven dans l'héritage duquel il s'inscrit sensiblement, et de l'autre celui des Variations Geister,  crépusculaire, comme pour mieux mettre en parallèle les derniers feux de ces deux géants.

Né en 1948 à Paris, ce fils d'instituteurs débute le piano à l'âge de cinq ans sous le regard attentif de sa mère, qui avait elle-même étudié cet instrument pendant de longues années. Au fil de son apprentissage, il sera notamment l'élève de Germaine Mounier, Jean Batalla, Marcelle Brousse, Yvonne Lefébure et Yvonne Loriod, mais restera éternellement imprégné des enseignements de celle qui fut son premier professeur, Jeanne-Andrée Guérin. Une phrase le marque particulièrement, lorsqu'il se frotte sans doute trop jeune à des œuvres nécessitant une certaine maturité artistique et humaine : « Il faut commencer maintenant, et tu joueras bien Beethoven quand tu auras soixante ans » - embryon d'explication, peut-être, à ce qu'il ait tant patienté avant de s'autoriser à publier en son nom quoi que ce soit...

Appartenant à une génération qui eut vingt ans en 1968, il s'impliquera dans les événements de mai : alors élève au Conservatoire de Paris, il en présidera une commission de co-gestion à laquelle on doit un certain nombre de modifications du règlement, telles que  la possibilité pour les élèves de changer de professeur sans avoir à démissionner et retenter le concours d'entrée, ou  l'incorporation d'une représentation des étudiants au conseil d'administration. Son intérêt pour la chose publique le poussera ensuite à s'engager une dizaine d'années durant aux côtés des forces dites du Progrès, qu'il quittera, déçu, en 2002.

Curieux de tout intellectuellement, Jean-Claude Henriot se façonne toute sa vie durant un Panthéon éclectique : amateur de littérature, il dévorera Zola à l'adolescence puis se passionnera pour l'œuvre de Julien Gracq au début des années 2000 ; en matière de peinture, il vouera d'abord un culte tout particulier à Nicolas de Staël, puis découvrira avec émotion les toiles de Gerhard Richter. D'autres affinités s'ajouteront au fil des années : sensible à la geste des champions, il organise depuis 1965 ses journées autour du rituel immuable consistant à s'installer dans un café pour lire le journal L'Equipe en buvant un grand crème ; durant la décennie suivante il s'initie avec bonheur à l'art complexe du bridge, discipline dans laquelle il deviendra champion de France amateur ; dans les années 1980, enfin, quelques amitiés nouvelles le mènent à s'intéresser aux grands vins, à leur histoire, et à tout le vocabulaire et l'imaginaire qui y sont associés. 

C'est ce mélange de curiosité et de convictions qui fera de lui un défenseur acharné de la musique contemporaine : outre le bonheur chaque fois renouvelé de  rencontrer des compositeurs vivants et de partager  leurs questionnements, Jean-Claude Henriot est convaincu qu'il est du devoir des musiciens professionnels de faire vivre la musique de leur temps,  et de lui donner ainsi une chance de traverser les époques. Collaborateur régulier de l'Ensemble Intercontemporain pendant de longues années, il enregistre avec le Quatuor Messiaen et sous la direction du compositeur le Quatuor pour la Fin du Temps d'Olivier Messiaen, qu'il jouera aux quatre coins du monde. Depuis le début des années 2000, il est aussi un compagnon de route fidèle de l'Ensemble Aleph avec lequel il se produit à de nombreuses reprises et enregistre, en 2017, la première version de La Rose des Vents, de Maurizio Kagel.

Aujourd'hui à la retraite après une longue carrière d'enseignant aux conservatoires d'Orléans, Antony et Evry (ainsi qu'au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris), ce père de deux enfants, marié à une musicienne, s'est toute sa carrière durant attaché à une recherche du beau son, devenue celle du son vrai et du son vivant, qu'il définit comme étant le son qui épouse le discours et le transcende. Soucieux également d'éclairer son public sans jamais l'ennuyer, il illustre cette recherche dans ses interprétations précises, sensibles et toujours judicieuses de ses compositeurs favoris, Beethoven, Debussy, et à présent Schumann.

INTERVIEW

DE L'ARTISTE

Retrouvez l'interview autour de Beethoven sur le blog de l'Obersavatoire des Visions Périphériques, réalisée en novembre 2015.